Un souffle de Vie

L’essence du message coranique est le cœur, la spiritualité et l’amour. Vivre sa relation avec Dieu au creuset de l’énergie et du souffle du rappel et de la proximité est la finalité de toute vie humaine selon les enseignements de l’islam. Telle est la spiritualité-lumière à laquelle les normes morales servent de jalons et de repères. Toutes les religions et toutes les spiritualités du monde ont le souci de protéger cette énergie intime qui permet l’équilibre, l’harmonie , la distance «humanisante»… bref, l’humanité des hommes et leur dignité.

 

Il n’est pas jusqu’aux agnostiques qui ne parlent de leur souci de vivre et de donner sens à une spiritualité, un souffle de vie, la conscience d’un sens à préserver. Tous, nous en parlons ; et tous, nous nous rendons compte de la difficulté quasi insurmontable de vivre une spiritualité cohérente au cœur des modes de vie qui nous submergent. Comment donc vivre sa spiritualité? Comment la protéger? Comment la transmettre? Quand elle est si difficile à vivre pour soi, comment en transmettre le goût et la force à autrui, à sa fille, à son fils. Quand on est désireux de vivre avec eux en conscience, comment les éduquer à la lumière du souffle, du sens… comment accompagner leur cœur, comment nourrir leur conscience?

 

Vivre et protéger sa spiritualité dans une société sur-modernisée est difficile, un véritable défi que nous devons ensemble relever. La spiritualité, le sens, les valeurs sont autant de domaines qui doivent nous préoccuper si l’on ne veut pas que demain, à force d’avoir négligé ou évité des débats de fond, nous soyons dans l’obligation de reconnaître que nous avons laissé le champ libre à toutes les dérives sectaires et porteuses d’exclusion. De vraies questions se posent qui doivent réinvestir le domaine de la réflexion des êtres humains des sociétés industrialisées et riches. Se préoccuper de spiritualité et de cœur, c’est se poser la question de la place de ma foi dans ma vie quotidienne, du rôle de ma conscience dans mes choix et mes négligences, de la valeur et du sens des choses au-delà de leur quantification financière. Comment être avec Dieu aujourd’hui? Comment vivre avec les hommes? Questionnements troublants… un tremblement de terre, parfois, pour qui accompagne ses enfants sur la route et se met soudain à réfléchir.

Tariq Ramadan

 

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La mort fait partie de la vie

Avant qu’il ne soit trop tard …

La mort est le phénomène le plus présent dans notre vie, mais elle est paradoxalement la plus absente de notre esprit.

Comment expliquer ce mystère?

Si la réalité de la mort ne peut faire l’objet d’un doute, l’existence d’une vie après la mort suscite, quant à elle, des débats entre croyants et matérialistes. Comment la foi en l’au-delà peut-elle être bénéfique dans la vie de l’être humain?

En quoi la mort donne-t-elle tout son sens à la vie?

L’Homme appréhende naturellement la mort car il aime la vie. Le croyant échappe-t-il à cette condition?

Peut-il craindre la mort? Faut-il espérer une vie sur terre la plus courte possible?

Parce qu’il pense ou espère vivre longtemps, l’être humain se prépare rarement à la mort et il se comporte comme s’il était éternel. Sommes-nous prêts à rencontrer Dieu?

Quels sont les grands regrets des mourants?

La disparition des êtres chers est l’une des épreuves les plus difficiles à vivre. Quelle attitude doit adopter le croyant dans ce genre de situation?

Comment la foi peut-elle soulager les proches du défunt et les aider à patienter?

Si bien finir sa vie doit être la préoccupation du croyant, alors ce dernier doit savoir quelle est la meilleure des morts. Comment fut la fin du plus noble des Prophètes?

 

La mort fait partie de la vie, pourtant

Comment oublier ce qui est inéluctable et qui peut se produire à tout moment?! Nous vivons comme si la mort ne nous concernait pas, alors qu’elle n’épargne ni les enfants, ni les bienportants et lorsqu’elle frappe elle ne peut être repoussée. Chaque jour qui passe nous rapproche de plus en plus de notre heure fatidique. Pourquoi donc cette insouciance? Comment expliquer que cette vérité est absente de notre esprit? La réponse dépend de ce que représente la mort pour nous. Si ce phénomène signifie l’interruption absolue de la vie, l’extinction de nos rêves, l’arrêt brutal de nos projets et la séparation définitive avec nos proches, alors l’oubli de ce moment douloureux est naturel. D’autant plus que l’Homme est un être en projet qui semble ne pouvoir agir que s’il est motivé par l’espoir de voir le résultat de son travail. A quoi bon planter si l’idée d’une récolte future n’est pas envisageable?

Il semble qu’il faille espérer vivre un lendemain pour pouvoir œuvrer sur terre. De ce point de vue-là, l’idée de la mort est une souffrance et un frein que l’on refoule naturellement. En revanche, si la mort évoque en nous le moment tant attendu et pour lequel nous nous sommes tellement préparés afin de rejoindre notre Créateur bien-aimé et recevoir la pleine récompense de nos efforts sur terre, alors l’oubli est un péché pour le croyant. De ce point de vue-là, le rappel de la mort (en tant qu’étape nécessaire pour rencontrer Dieu et accéder au Paradis), loin d’être un handicap, est un moteur spirituel. Pour le croyant, se souvenir qu’il est mortel ne sera jamais une obsession maladive ou une phobie car la mort n’est pas une fin en soi, ni la fin de tout. Voici les paroles de Dieu qui nous mettent en garde contre l’oubli de la mort, c’est-à-dire l’oubli de sa rencontre:

 

«Ô vous qui croyez! Craignez Dieu! Que chacun de vous songe à ce qu’il a avancé pour assurer demain son salut! Craignez Dieu! Dieu est parfaitement informé de ce que vous faites. Ne faites pas comme ceux qui ont oublié Dieu et auxquels Dieu a fait perdre jusqu’au souvenir d’eux-mêmes! Ceux-là sont des pervers!» (Sourate 59, v.18 et 19)

 

Voici la parole du Prophète qui prouve que détester la mort est naturel et que c’est le désir de retrouver Dieu qui est essentiel:

«Celui qui désire la rencontre de Dieu, Dieu désirera sa rencontre; et celui qui déteste la rencontre de Dieu, Dieu détestera sa rencontre.» «Mais, nous détestons tous la mort, rétorqua Aïcha, son épouse»

Le Messager de Dieu répondit:

«Ce n’est pas ce que je voulais dire. Il s’agit plutôt du croyant à qui on annonce au moment où la mort survient, la bonne nouvelle de la satisfaction et de la bonté de Dieu. Rien ne lui fait plus plaisir alors que ce qui l’attend. Il désire donc rencontrer Dieu et Dieu désire sa rencontre. Quant à l’incroyant, on l’informe au moment de l’agonie du châtiment de Dieu et de sa punition. Rien ne lui est plus alors haïssable que ce qui l’attend. Il finit donc par détester rencontrer Dieu et Dieu déteste à son tour le rencontrer.» (Authentifié par Al Boukhari).

 

Dieu a mis en place une multitude de signes afin que l’on prenne conscience que la vie est éphémère et que la mort est imminente. Parmi ces indicateurs, la maladie, les accidents, la vieillesse, le décès des gens qui nous entourent. Tout ceci ne laisse aucun prétexte pour nier ou oublier cette vérité implacable. Dieu révèle l’appel au secours des gens de l’enfer:

 

«Et de la Géhenne s’élèveront leurs hurlements: «Seigneur! Fais-nous sortir d’ici afin que nous accomplissions de bonnes œuvres! Plus jamais nous ne recommencerons ce que nous faisions autrefois.» - «Ne vous avions-Nous pas donné une vie assez longue pour réfléchir, si vous l’aviez voulu?, leur sera-t-il répondu. Un messager n’est-il pas venu vous avertir? […]» (Sourate 35, verset 37).

 

Selon certains commentateurs ce messager est le Prophète Mohammed ou la parole de Dieu. Selon d’autres, il s’agit des cheveux blancs et de la vieillesse comme le suggère l’expression «une vie assez longue». Le Prophète nous a précisé la durée de cette vie que Dieu considère assez longue pour que l’être humain se pose des questions existentielles et qu’il fasse l’effort de chercher des réponses. Il dit:

«Dieu n’excuse plus l’homme auquel Il a retardé la mort jusqu’à l’âge de soixante ans.» (Authentifié par Al Boukhari).

En outre, un certain nombre d’œuvres méritoires et de formules spirituelles (dhikr) ont été instituées et enseignées afin que notre destinée ne nous échappe jamais. Nous pouvons citer à titre d’exemple ce qu’il est recommandé de dire avant de nous endormir:

«C’est au nom de Dieu que je meurs et que je vis.» et en se levant: «Louange à Dieu qui m’a rendu la vie après me l’avoir ôtée, et c’est vers lui que se fera le retour.»

Le sommeil apparait comme une petite mort provisoire. Elle fait donc office de rappel quotidien. De même, la visite des malades réalise le même objectif. Mais, les œuvres de bien qui sont de loin les plus efficaces pour se remémorer que notre vie ne tient qu’à un fil sont celles qui nous mettent en contact direct avec les morts, comme la participation au lavage rituel ou à la prière mortuaire. Nous devrions nous attacher à une sounna (œuvre de bien instituée par le Prophète) à laquelle nous ne prêtons pas l’intérêtqu’elle mérite : la visite des tombes dans les cimetières. Le Messager de dieu dit:

«Celui qui désire visiter les tombes, qu’il les visite! Certes, elles nous rappellent l’au-delà.» (Authentifié par Mouslim).

Le cimetière est moins un lieu effrayant qu’un endroit où s’attendrit le cœur du croyant. D’ailleurs, le Prophète enseignait à ses compagnons l’invocation suivante lorsqu’il se rendait au cimetière:

«Que la paix soit sur vous, croyants et musulmans qui habitez ces lieux. Nous allons, si Dieu le veut, vous rejoindre. Je demande à Dieu de nous préserver, nous et vous.» (Authentifié par Mouslim).

Nous ne devrions pas priver nos proches de cette occasion de nous rendre visite une fois passer de vie à trépas en choisissant de se faire enterrer à l’étranger. J’aimerais clôturer cette première partie par ces paroles sages d’Ibrahim Ibn Al Adham qui ne manqueront pas de vous bouleverser. Il s’agit d’une réponse qu’il donna à un groupe de personnes qui lui demandèrent:

 

«Pourquoi Dieu n’exauce-t-il pas nos invocations?» Il dit: «Car la mort de vos cœurs fut provoquée par dix choses:

Vous connaissez Dieu et pourtant vous ne lui obéissez pas. Vous savez qui est le Prophète mais vous avez délaissé ses enseignements (sa sounna). Vous lisez le Coran sans chercher à l’appliquer. Vous profitez des bienfaits de Dieu sans le remercier. Vous dites que le Paradis est une vérité sans faire les efforts pour y entrer. Vous dites que l’Enfer est une réalité sans chercher à le fuir. Vous dites que le diable est un ennemi et plutôt que le combattre vous le suivez. La mort vous est connue et personne ne s’y prépare. Vous enterrez vos morts et cela ne vous sert pas de leçon. Vous vous levez le matin et la seule chose qui vous préoccupe ce sont les défauts des gens, alors que vos propres vices vous les oubliez.»

 

Faut-il souhaiter la mort?

La vie est un cadeau de Dieu dont il faut prendre soin. Plus qu’un simple cadeau, la vie est un test dont l’épreuve finale est la mort ou, plus exactement, l’interrogatoire dans la tombe des anges questionneurs. Personne ne devrait donc souhaiter la mort ou la demander car le croyant se trouve dans l’une de ces deux situations qui doivent le pousser, autant l’une que l’autre, à espérer une vie longue: soit il est bienfaisant, et dans ce cas il doit désirer capitaliser davantage de bonnes actions pour gagner les hauts lieux du Paradis; soit il ne l’est pas, et il doit donc espérer une occasion pour se repentir. En ce sens, le Prophète dit:

«Que personne parmi vous ne souhaite la mort. Si la personne est vertueuse, il se peut alors qu’elle augmente ses bonnes actions. Et si elle est malfaisante, il est probable qu’elle se repente.» (Authentifié par Al Boukhari).

Il dit également: «Les meilleurs des hommes sont ceux dont la durée de vie est longue et dont les œuvres sont bonnes.» (Rapporté par Tirmidhi).

Mais, que dire à celui qui est durement éprouvé dans cette vie jusqu’à souhaiter disparaitre? Marie, la mère de Jésus, saisie par les douleurs de l’accouchement, ne s’est-elle pas écriée en s’adossant au tronc d’un palmier:

 

«Plût à Dieu que je fusse morte et oubliée bien avant cet instant!»? (Sourate 19, verset 23)

 

Le croyant désemparé et affaibli ne doit pas montrer qu’il est insatisfait de son destin, mais, si selon lui la seule issue à son malheur est la mort, il pourra demander à son Créateur - l’Omniscient, le Sage- de choisir pour lui ce qu’il y a de mieux entre vivre et mourir. L’Envoyé de Dieu dit:

«Qu’aucun d’entre vous ne souhaite la mort suite à un malheur. Et s’il doit absolument le faire, Qu’il dise: «Mon Dieu, garde-moi en vie tant que la vie est un bien pour moi, et fais-moi mourir si la mort est préférable pour moi.» (Authentifié par Boukhari et Mouslim).

En conclusion, souhaiter la mort c’est n’avoir pas compris le sens de cette vie et encore moins la sagesse derrière l’épreuve. Nous n’avons pas à désirer la mort mais nous devons souhaiter la rencontre de Dieu, sans pour autant la précipiter. En ce sens, le suicide et l’euthanasie ne sont pas permis en Islam.

 

Peut-on pleurer la mort d’un être cher?

Les épreuves dans cette vie sont de deux types: l’épreuve par le mal et celle par le bien. Dieu dit:

 

«Toute âme goûtera la mort. Nous vous éprouvons par le mal et par le bien à titre de tentation, et c’est à Nous que vous ferez retour.» (Sourate 21, verset 35).

 

L’épreuve par le mal peut prendre deux formes: celle du malheur (Ce qui vient exclusivement de Dieu, comme la mort, certaines maladies ou certains accidents, les catastrophes naturelles, l’attente du conjoint ou de l’enfant…) ou celle du conflit (Ce dont Dieu n’est pas responsable et qui est d’origine humaine ou diabolique comme les injustices, les trahisons, la sorcellerie…). Réussir l’épreuve par le mal c’est faire preuve de patience. Réussir l’épreuve par le bien c’est faire preuve de reconnaissance, c’est-à-dire remercier Dieu sur ses bienfaits par le cœur, la langue et par les actes en les utilisant pour Lui plaire. Pleurer la disparition de ses proches est-ce synonyme d’échec? Contenir ses larmes et étouffer sa tristesse, est-ce une réussite en soi? C’est ce que l’on pensait au septième siècle. Mais, le Prophète Mohammed fit un travail d’éducation et de réforme des mentalités.

Il entra un jour chez Ibrahim, son fils encore nourrisson, alors qu’il agonisait. Le Prophète se mit à verser des larmes. ‘Abderahmane ibn ‘Awf lui dit aussitôt: «Toi aussi, Prophète de Dieu?» - «Ibn ‘Awf, cela est une miséricorde, répondit le Prophète.» Puis, il poursuivit: «Les yeux pleurent, le cœur est triste, mais nous ne disons que ce qui plait à Dieu. Ô Ibrahim, ta séparation nous chagrine!» (Authentifié par Boukhari) Il dit à une autre occasion: «Ecoutez! Dieu ne châtie pas pour les larmes versées ni pour la tristesse du cœur, mais Il châtie ou fait miséricorde à cause de celle-ci – et il désigna sa langue.» (Authentifié par Boukhari et Mouslim)

Condamner le chagrin des gens éprouvés c’est ignorer la réalité humaine à laquelle n’ont pas échappé même les Prophètes. Souvenez-vous de la douleur qui rongea Jacob pendant toutes ces années où il fût séparé de son fils Joseph jusqu’à en perdre la vue:

«Et il leur tourna le dos, en soupirant: «Que ma peine est grande pour Joseph!» Et ses yeux devinrent aveugles par suite de son affliction, car il avait de la peine à contenir sa douleur.» <(Sourate 12, verset 84)

 

En revanche, les lamentations qui s’accompagnent de comportements contraire à l’islam, comme le fait de délaisser ses obligations et de commettre des interdits, ou qui s’opposent à la foi, comme le fait de reprocher à Dieu l’épreuve, sont à condamnés. Le croyant en deuil devra faire un travail sur lui pour dépasser la réaction humaine vers une attitude spirituelle, de la tristesse vers la patience. Cette transition s’opérera grâce à deux qualités: la certitude (Yaqîn) et la confiance (Tawakoul) en Dieu.

 

Quels sont les regrets des mourants?

On annonça à un jeune homme qu’il fût choisi pour pénétrer dans une salle aux trésors afin de se servir en or, en argent et en pierres précieuses. Une contrainte était néanmoins imposée: l’heureux élu ne disposait que de dix minutes. La porte s’ouvrit et le jeune homme s’engouffrât dans la salle. Il fût ébloui par la beauté du lieu, tout particulièrement les murs qui étaient ornés de somptueux tableaux. Il admira la première toile où était dessiné un magnifique palais. Il se dit: «Ah, si seulement je pouvais y habiter!» Puis, son attention fût captivée par la représentation d’une plage séduisante. «J’y passerais bien mes vacances, pensa-t-il.» C’est ensuite le portrait d’une belle femme qui l’attira, puis celui d’une voiture de rêve… Soudain, la porte s’ouvrit et il entendit une voix lui dire: «Veuillez quitter les lieux, monsieur, le temps s’est écoulé.» Le jeune homme s’exclama: «Mais, je n’ai encore rien pris! Accordez-moi encore quelques minutes…» «Trop tard! Vous connaissiez les règles. Il faut partir maintenant.» Le pauvre homme regretta d’avoir raté cette occasion en or, mais dans ces moments le regret ne sert à rien. Cette parabole traduit la réalité amère de beaucoup de gens qui sont trompés par les jouissances de cette courte vie. Au lieu de profiter des trésors de cette vie, ils vivent dans des rêves et sont détournés des priorités.

Bronnie Ware, infirmière australienne, a passé de nombreuses années à travailler en soins palliatifs. Elle a fini par publier un livre intitulé The Top Five Regrets of the Dying (Les 5 plus grands regrets des mourants). Le regret numéro un des mourants qu’elle a interrogés est le suivant: J'aurais aimé avoir eu le courage de vivre la vie que je voulais vraiment, pas celle que les autres attendaient de moi. En d’autres termes, beaucoup de gens réalisent à la fin de leur vie qu’ils ont été manipulés et qu’ils sont passés à côté de l’essentiel. Les quatre autres regrets vont dans le même sens: trop de temps passé à travailler pour le gain matériel et pas assez de temps accordé à soi ou aux autres. Dieu nous révèle les deux types de regrets au moment de la mort : celui de l’incroyant dans la sourate Les croyants, et celui des croyants dans la sourate Les hypocrites.

 

«Puis, quand la mort se présente à l’un d’eux, il s’écrie: «Seigneur, fais-moi revenir sur Terre, afin que j’accomplisse quelques bonnes actions que j’avais négligé de faire!» Oh que non! Ce n’est là qu’une vaine parole, car derrière eux se trouve dressée une barrière jusqu’au Jour de la Résurrection.» (Sourate 23, versets 99 et 100)

 

«Ô croyants! Ne vous laissez pas distraire pas vos richesses et vos enfants du rappel de Dieu! Ceux qui agissent ainsi seront les véritables perdants. Donnez donc en œuvres charitables une partie des biens dont Nous vous avons pourvus, avant que la mort ne vienne surprendre l’un de vous et qu’il ne dise: «Seigneur, accorde-moi un court délai pour que je fasse l’aumône et que je sois du nombre des vertueux!» Or, Dieu n’accorde jamais de délai à une âme dont le terme a expiré. Dieu est bien informé de ce que vous faites.» (Sourate 63, versets 9,10 et 11).

 

Avant que nous ne regrettions, revenons à Dieu, demandons pardon à ceux à qui nous avons fait du mal, faisons du bien à ceux que nous aimons, assumons nos responsabilités et revoyons nos priorités. Il n’est jamais trop tard, sauf lorsque la mort nous surprend …

 

Quelle est la meilleure des morts?

Chercher à mourir dans un endroit particulier ne doit pas être un souci pour le croyant car il s’agit d’un mystère :

«[…] et nulle âme ne sait en quel endroit elle devra mourir […]» (Sourate 31, verset 34)

 

Si le lieu du décès ne relève pas de notre choix, nous pouvons, en revanche, choisir l’état dans lequel nous voulons mourir. Nous entendons par ‘état’ l’état du cœur car c’est lui qui est décisif. Dieu dit:

«Le jour où ni richesses ni enfants ne seront d’aucune utilité, sauf pour celui qui viendra à Dieu avec un cœur sain.» (Sourate 26, versets 88 et 89).

 

Le meilleur état dans lequel nous pouvons mourir est donc celui où notre cœur est pur c’est-à-dire exempt de péchés et de vices. Cette pureté génère de la sérénité durant la vie et offre de l’apaisement au moment de la mort:

«Quant à toi, ô âme, désormais apaisée! Retourne auprès de ton Seigneur, satisfaite et agréée! Sois désormais du nombre de Mes serviteurs, et sois la bienvenue dans mon Paradis!»

Le croyant au cœur pur est celui qui désire rencontrer Dieu car il n’a pas de problème de conscience, car il est fier de ce qu’il a accompli sur terre; il dira:

 

«[…] Regardez! Lisez mon bilan! J’étais sûr d’y trouver mon compte!» A celui-là une existence heureuse sera assurée.» (Sourate 69, versets 19,20 et 21).

 

Cette purification du cœur s’obtient après de longs efforts afin que nos désirs et passions soient conformes à la volonté de Dieu. Cette pureté se réalise aussi par de grands sacrifices au service d’une noble cause: la défense de sa religion, de sa famille, de ses biens, de son honneuret la lutte pour la paix et la justice. Enfin, l’apaisement du cœur peut surgir des épreuves qui nous purifient et nous élèvent. Le Prophète nous informe:

«Les croyants et les croyantes ne cesseront d’être éprouvés dans leurs personnes, leurs enfants et leurs biens jusqu’à ce qu’ils rencontrent Dieu le Très-Haut, absous de tout péché.» (Tirmidhi)

 

La mort du meilleur des hommes

Il convient, en guise de conclusion, de nous intéresser à la mort du Prophète Mohammed . Nous aurions pu nous imaginer qu’il décédât en exerçant ses fonctions de chef d’état - comme ce fût le cas pour le Prophète Salomon (Sourate 34, verset 14) – ou au champ de bataille, ou en prière, mais il est étonnant de constater qu’il acheva sa mission comme il l’avait commencée: dans les bras de son épouse. Une mort modeste mais tellement belle et exemplaire. C’est comme si Dieu voulait nous signifier que la mort du meilleur des hommes pouvait être celle de tous les hommes, car chacun d’entre nous doit réussir sa vie de couple et sa vie de famille. C’est comme si Dieu nous disait que la meilleure des adorations est celle qui touche les gens et qui fait entrer la joie dans leurs cœurs. Belle leçon de fidélité, la mort du Messager de Dieu est un éloge du bon comportement. Quant à ses dernières paroles, Aïcha, son épouse nous rapporte:

«Il leva son doigt et ditpar trois fois : «Le meilleur des compagnons!» puis il décéda.» (Authentifié par Boukhari).

Elle comprit que l’Ange lui donnait le choix entre vivre plus longtemps et mourir. Et voilà que le meilleur des hommes choisit la meilleure des compagnies, celle de son Seigneur…

 

Afin que cet article ne reste pas lettre morte …

Afin d’être parmi

«ceux qui écoutent la parole (de Dieu) et se conforment à ce qu’elle contient de meilleur. Ce sont ceux-là que Dieu dirige. Ce sont ceux-là qui sont doués d’intelligence.» (Sourate 39, verset 18).

 

Prenons ces bonnes initiatives:

 

  • Demandons à Dieu et aux gens de nous pardonner avant qu’il ne soit trop tard
  • Apprenons les formules de Dhikr à réciter avant et après le sommeil.
  • Apprenons la manière de laver le mort afin de pouvoir pratiquer le lavage mortuaire.
  • Prenons l’habitude de nous rendre au cimetière.
  • Lisons la vie du Prophète Youssouf (Sourate 12) afin de nous soulager dans l’épreuve.
  • Lisons la vie du prophète Mohamed afin que notre cœur et notre comportement ressemblent aux siens.
  • Demandons à Dieu dans nos invocations qu’il ne reprenne nos âmes que lorsqu’il sera satisfait d’elle.

Cheykh Othmane Iquioussen.

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